Florence Perdriel-VaissièreCéramiste






La Forme : Mon intérêt pour le thé et la culture asiatique m'a conduit à centrer mon travail sur le bol. Je ne conçois pas le bol comme un simple objet usuel mais comme la recherche d'une forme originale qui doit prendre son sens dans une gestuelle. Le bol n'est pas seulement un instrument, il doit devenir par sa forme et ses couleurs, le lien par lequel l'acte de boire devient l'art de boire. C'est cette manière d'appréhender le bol qui oriente mon travail et ma recherche.


La Matière :
J'utilise plusieurs sortes de terres ce qui me permet une approche plus diversifiée de la forme.
La porcelaine est une terre capricieuse à travailler car exigeante au niveau de la technique cependant sa blancheur lui donne une belle translucidité et une douceur si agréable au toucher ...
Le grès est une terre plus rustique que la porcelaine mais son caractère brut est plein de force. Plus facile à pratiquer le grès n'en demeure pas moins une terre fascinante qui offre un jeu de textures particulièrement  intéressant.


La Technique : Pour le modelage des bols je travaille de nombreuses façons soit à la boule en creusant dans la matière, soit au colombin ou suivant la technique japonaise (plaque étirée), ou bien encore par estampage, assemblage; mon imagination est assez fertile ...
Je travaille principalement à la plaque et au colombin pour des formes plus larges ou plus hautes.
Le tournage s'effectue de manière assez libre car je n'ai pas le souci de l'uniformité. Parce que je n'ai pas le désir de la précision technique du geste, je peux m'orienter vers un geste plus inspiré.



L'Art du Feu : La couleur résulte de la combinaison de minéraux qui à l’état de cuisson donnent sa structure à l’émail. Tous ces minéraux ont une composition chimique bien particulière ; raison  pour laquelle travailler sur plusieurs terres un émail est aussi différent que travailler plusieurs émaux sur la même terre. La connaissance de la composition de ces minéraux conduit à l’élaboration de textures et couleurs. La combinaison étant infinie, elle est sujette à la fois aux erreurs et aux horreurs mais le plaisir procuré à la découverte d’une nouvelle couleur ou d’une nouvelle matière est sans comparaison. Je cuis tous mes émaux à 1260°-1280° en four électrique en 12 heures.


Une Expérience : Je situe ma pratique de la céramique dans une démarche expérimentale. En manipulant la matière pour lui donner une certaine forme, en incrustant sur ces formes des couleurs variées, je suis amenée à réaliser une expérience originale. Comprendre le fonctionnement des éléments, chercher la simplicité dans le geste, permet de sentir que c'est la manière d'approcher la pratique et non la pratique en soi qui permet l'expérience.




© 2008 Lionel Boissard